Pourquoi bâille-t-on ?
On a longtemps pensé que bâiller permettait d'oxygéner le cerveau, mais en réalité, il semblerait que ce soit plutôt pour le refroidir. On a tendance à bâiller quand la température du cerveau augmente, ce qui arrive généralement quand on est fatigué, peu stimulé ou encore malade.
Bâiller augmente le flux du sang dans les artères et permet donc d'apporter un sang plus frais au cerveau. Parce qu'un cerveau qui a chaud, c'est un cerveau moins performant et moins vigilant. Pour nos ancêtres, c'était synonyme de danger. Refroidir notre cerveau permettrait de stimuler notre vigilance et d'être plus alerte face aux dangers potentiels de notre environnement.
D'ailleurs, le fait de s'étirer quand on bâille serait une manière de préparer nos muscles à une action rapide, pour fuir ou combattre un prédateur par exemple. On est d'accord, c'est moins utile de nos jours, mais ce sont les joies de l'évolution.
Pourquoi fait-on bâiller les autres ?
Il s'agit sans doute d'un phénomène d'empathie instinctive. Concrètement, si vous me voyez bâiller, votre cerveau aura tendance à vous dire : « Tiens, il faut moi aussi que je reste vigilant ». Ce serait une manière de dire (ou de rappeler) au groupe de rester sur ses gardes. Des études suggèrent même que nos proches sont plus susceptibles de nous faire bâiller qu'un inconnu.
Il faut savoir que ce mimétisme du bâillement est propre aux primates. Les autres vertébrés bâillent, mais ne font pas bâiller les autres.
Cinq faits étonnants sur le bâillement :
• Une personne bâillerait en moyenne 250.000 fois dans sa vie (5 à 10 fois par jour),
• Le mimétisme fonctionne également avec les personnes aveugles (si elles entendent une personne bâiller près d'elles par exemple),
• Les fœtus peuvent aussi bâiller (généralement dès la 11e semaine),
• Quand il fait vraiment trop chaud (pendant la canicule par exemple), on bâille moins. La fonction de thermorégulation du bâillement sur le cerveau est insuffisante, donc inutile.
• On dit souvent qu'un bon bâilleur en fait bâiller sept autres. Rien de scientifique ici. À priori, c'est juste la symbolique du chiffre 7 qui a favorisé la diffusion de cette idée.
Ce qu'il faut retenir : si les scientifiques poursuivent leurs recherches, le bâillement semble être un réflexe archaïque qui permet de refroidir le cerveau pour maintenir sa vigilance et celle du groupe face à un danger potentiel.
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